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L'Intendance de Soissons

  Intendance ou Généralité de Soissons:

    Les intendants succédèrent aux commissaires départis. On nommait ainsi autrefois des fonctionnaires dont la mission consistait à surveiller la gestion des trésoriers de France. Ces commissaires n'avaient point d'abord de résidence fixe, mais plus tard ils s'établirent au chef-lieu de la principale élection de leur circonscription, et leur administration prit le titre de bureau des finances. 

    La ville de Laon, en sa qualité de siège de la principale élection de la province, devait avoir un bureau des finances, et on voulut en placer un dans ses murs en 1595; mais la magistrature laonnoise, fort influente alors, craignant, dit-on, d'être éclipsée par le faste de ces nouveaux fonctionnaires, travailla et réussit à éloigner un établissement qui l'offusquait. Dans le même temps, le chef de la ligue, Mayenne, faisait sa paix avec Henri IV, et en obtenait la ville de Soissons comme une de ses places de sûreté. Il n'eut pas de peine à obtenir aussi que le bureau des finances fût placé dans cette ville. Ainsi fut créée la généralité ou l'intendance de Soissons. 

    Pour la former, on démembra de la généralité de Blois l'élection de Château-Thierry, de la généralité de Paris, les élections de Clermont, Crépy-en-Valois et Soissons; de la généralité d'Amiens, l'élection de Noyon, et de la généralité de Champagne, les élections de Laon et de Guise.

    La généralité de Soissons se composait donc de sept élections divisées en 23 subdélégations, qui comprenaient plus 1100 paroisses et une population de 429260 habitants en 1781.

    En 1698, on comptait dans la généralité de Soissons, ainsi constituée, 3 évêchés, 3 cathédrales, 25 églises collégiales, 1000 à 1100 curés, 600 à 700 chapelles simples, 40 abbayes d'hommes, 8 de filles, 88 prieurés en règle ou en commende, 42 monastères d'hommes, 13 de filles, 2000 ecclésiastiques dont 1800 bénéficiers, 600 à 700 religieux et 3 séminaires, le tout possédant près de  1 600 000 livres de rente, non compris les ordres mendiants et les hôpitaux.

    Avant la révocation de l'édit de Nantes, on voyait dans la même généralité environ 1000 familles protestantes habitant particulièrement les bourgs de Roucy, Bohain et les frontières de la Thiérache. La plupart sortirent du royaume.

    A la même époque, on comptait en outre dans la même généralité, environ 2400 fiefs grands ou petits.

    Au moment de la révolution, le bureau des finances de Soissons se composait d'un intendant, 22 trésoriers de France, un chevalier d'honneur, 2 avocats, 2 commissaires au département des tailles, un commissaire des ponts et chaussées, 2 receveurs généraux des finances, un receveur général des domaines et forêts et 2 procureurs.

 

 







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